Le pays est au bord de l'explosion, les prophéties de Joanas GUÉ

Intervenant fin janvier sur les ondes de la RTVC, l'ancien ministre de l'agriculture, Joanas Gué, connu pour son franc parler, avait prévu des jours sombres. Et les risques d'explosion du pays étaient fort élevés.

Crédit Photo: Metropole
Le pays est au bord de l'explosion, les prophéties de Joanas GUÉ

L’effondrement du secteur agricole, l'inflation à deux chiffres entre autres, composaient selon sa lecture, la liste des causes occasionnelles des scènes d’émeutes qui pourraient éclater d'un jour à l'autre.

Évoquant le souvenir des émeutes de la faim de 2008, monsieur Joanas GUÉ, croyait qu'au regard de l'envenimement de la situation du pays la probabilité de la survenue d'une crise sans précédent était assez élevée. Rappelant que les protestations d'avril 2008, souvent appelées "mouvman kont grangou klowòks" ont eu lieu en raison de l’inflation atteignant 8% qui avait eu pour conséquence une augmentation considérable des prix des produits de première nécessité sur le marché. Aujourd'hui, il y a de quoi s'inquiéter!

Lors de cette intervention, l'ancien titulaire dudit ministère de l’agriculture avait évoqué le taux d’inflation à plus de 24% et le prix trop élevé des produits de première nécessité. "Toutes les conditions sont réunies pour que la situation dérape à nouveau dans le pays" avait-il a souligné. Six mois plus tard les voyants sont au rouge.

Selon les données du Ministère de l'Économie et des finances (MEF) au mois de mars 2022, le taux d'inflation était de 25,9 %. La rareté des produits pétroliers, la détérioration du climat de sécurité marquée par de nombreux cas d'enlèvement, le chômage, la hausse des prix des produits de première nécessité, près de la moitié de la population soit 4,4 millions de personnes touchées par l'insécurité alimentaire viennent assombrir le tableau. Aucune disposition n'a été prise pour modifier la situation malgré les propos alarmants de monsieur Gué.

Il avait souligné que la production nationale ne couvre que 35 % des besoins du pays. « Nous produisons qu’à peu près 80 mille tonnes de riz tandis que nous en consommons au moins 590 mille tonnes annuellement », avait-il révélé. « Résultat, les produits importés prédominent sur le marché. Ils représentent plus 60% », avait fait remarquer l’ancien ministre.

Dans son intervention, monsieur Gué avait préconisé "une politique d’austérité en matière d’imposition à l’importation, la subvention à la production et la transformation des produits nationaux, l’incitation aux investissements privés dans le secteur agricole, plus d’accès aux intrants, la sécurisation foncière, la sécurisation publique pour faciliter la libre circulation des biens et services entre autres pour redresser la situation". Il avait aussi saisi l'occasion pour rappeler que "l’Etat a la responsabilité de créer les conditions de sécurité et de stabilité indispensables à la création d’un environnement propice à l’investissement dans le pays, notamment dans le secteur agricole". De tels investissements "pourraient générer la création de milliers d’emplois qui permettraient de revitaliser l’économie nationale aujourd’hui asphyxiée" avait-il martelé.

Malheureusement, l'équipe au pouvoir n'a pas pris note de cette consultation gratuite. Le pays est devenu invivable. La colère gronde. Nous sommes au bord du gouffre. Et ses prophéties sont sur le point d'être accomplies.

 

Stevens JEAN FRANÇOIS


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